Victoria Kaario, Mon œil
Souffrant depuis l’enfance d’un strabisme intermittent, la narratrice de ce premier roman caustique et drôle amorce une réflexion sur l’impact de cette…
Fraîchement débarqué dans une nouvelle ville inconnue, Pascal tombe au fond d’un puits ; psychique, spirituel, relationnel. Depuis tout au fond, il s’entête à essayer d’écrire ces « chansons trouées » qui ne verront jamais le jour, et qui forment le cœur du présent recueil. Se débattant avec la vie ordinaire comme s’il en avait perdu les clés, avec l’écriture comme s’il n’en parlait plus la langue, il fait front. Contre tout : la lente maladie dégénérative de ses parents, les aléas d’une vie d’artiste-chômeur qui l’accablent, le manque d’argent chronique et cette vieille angoisse tétanisante qu’il croyait avoir apprivoisée. Soutenu par la joie surnaturelle de sa fille qu’il regarde grandir et par le recueil quasi quotidien des bribes de cette « bavarde aphasie » étouffante qui l’aura emprisonné toute une année.
Faux haïkus spleenétiques, vrais aphorismes métaphysico-dépressifs, haine de soi et autodérision sarcastique tissent cet étrange journal poétique à ranger dans une bibliothèque idéale aux côtés du Métier de vivre de Cesare Pavese, ou des Papiers collés de Georges Perros.
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