Depuis sa découverte fortuite en 1651 dans la cour aux deux colonnes, cette découverte archéologique qui connaît un itinéraire digne d’un roman d’aventures passionne les Arlésiens et soulève des débats animés.
D’abord identifiée sans hésitation comme une Diane, cette statue d’une beauté plastique remarquable s’inscrit parmi les chefs d’œuvre de la sculpture antique et séduit édiles et collectionneurs.
Entrant aussitôt dans la collection publique installée au cœur de la maison commune, elle domine de sa beauté hiératique la vie municipale pendant près de trente ans. Effigie tutélaire de la cité, elle pacifie par sa seule présence les dissensions politiques locales, valorise le passé de la ville quand la Gaule était romaine et ravive ses héritages.
Au tournant des années 1680 cependant, des érudits proposent une nouvelle identification pour cette trouvaille archéologique et déchaînent une controverse sans égale qui agite la vie intellectuelle arlésienne !
C’est finalement après son départ pour la Galerie des glaces de Versailles à la demande de Louis XIV que la Diane arlésienne deviendra par décision royale une Vénus… la Vénus d’Arles !
À partir de la fin de l’Ancien régime et surtout au XIXème siècle alors que la ville se dote d’un musée archéologique de synthèse et retrouve certains de ses monuments antiques jusque là enfouis dans des enchevêtrements de maisons, cette statue retrouve sa place dans l’imaginaire arlésien.
Elle suscite nouveaux récits et images. Figure absente réinterprétée en héroïne locale par certains, de Frédéric Mistral à Alphonse Daudet, elle demeure inscrite dans la mémoire et la sensibilité de sa cité d’origine.
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