A 17h30
L’exposition « Jours d’été », présentée à l’ancien Moulin de Callas du 26 juin au 14 juillet, propose une rencontre sensible entre deux pratiques artistiques complémentaires : la céramique de Laetitia Ducrettet et le dessin de Martin Arnaud. Dans ce lieu chargé de mémoire, où le passage du temps se lit dans les murs autant que dans la lumière, les œuvres s’installent comme des présences discrètes, en dialogue avec l’espace et la saison.
Pensée comme une traversée estivale, l’exposition explore les rythmes lents, les variations de la lumière, et les gestes répétitifs qui façonnent autant la matière que le regard. Les pièces de Laetitia Ducrettet s’ancrent dans une recherche autour de la terre, de ses textures et de ses transformations. Ses formes, à la fois fragiles et ancrées, semblent issues d’un temps ancien, comme si elles avaient été extraites du paysage lui-même. Elles portent les traces du geste, de la cuisson, et d’une attention portée aux accidents, aux irrégularités, à tout ce qui échappe au contrôle.
En regard, les dessins de Martin Arnaud déploient une écriture fine et immersive. Par le trait, il capte des fragments : silhouettes, végétations, architectures diffuses. Ses compositions, parfois proches de la cartographie mentale, invitent à une dérive du regard. Elles suggèrent plus qu’elles ne décrivent, laissant émerger des atmosphères suspendues, presque silencieuses.
L’exposition ne cherche pas à opposer les médiums mais à faire émerger des correspondances. Entre la densité de la céramique et la légèreté du dessin, un équilibre se construit. Les œuvres dialoguent autour de notions communes : la trace, la mémoire, le paysage intérieur. Ensemble, elles composent un espace de contemplation, où le visiteur est invité à ralentir, à observer, à ressentir.
« Jours d’été » s’inscrit ainsi dans une temporalité particulière, celle des journées étirées, des chaleurs diffuses, des instants suspendus. Au sein de l’ancien moulin, l’exposition devient une expérience sensorielle, où l’art se mêle aux perceptions du lieu : le bruit sourd de l’eau, la fraîcheur des pierres, la lumière qui évolue au fil des heures.
Plus qu’une simple présentation d’œuvres, cette exposition est une invitation à habiter un moment, à se laisser traverser par les formes, les matières et les images, dans une attention renouvelée au monde sensible.
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