A 16h30
Gratuit
2 août à 16h30 : Déambulation, rdv départ au 9 rue de la Grande Fontaine
2 août à 18h : Cocktail, Sentimental Unions au 13 rue de l’Ancienne Mairie
3 août à 16h : Custom Lavender Print (ramène ton tee-shirt blanc)
Pour sa résidence au Cairn centre d’art contemporain en 2025, Roxanne Maillet s’est intéressée à Digne-les-Bains comme ville berceau de la lavande.
Digne-les-Bains accueille en effet depuis 1929 le Corso de la Lavande dont la première édition visait à mettre en valeur la production de lavande, qui était le socle économique du territoire provençal. Après une interruption par la Seconde Guerre mondiale, le Corso de la lavande est revenu en 1946, et a depuis lieu chaque premier week-end du mois d’aout. Au dénouement de ce week end festif est organisé un défilé de chars conçus à la main par les habitant·es, en lavande et fleur de papier crépon. Lors de cette résidence Roxanne Maillet a mené une recherche sur la sémiotique lesbienne et en particulier sur la symbolique émancipatrice de la Lavande pour les luttes LGBTQIA.
D’abord adoptée dans la mode au XIXe siècle, la couleur mauve a progressivement été associée à l’homosexualité, servant à stigmatiser un prétendu caractère efféminé. Ce n’est qu’après les émeutes de Stonewall en 1969 que cette couleur est devenue un symbole de fierté, lorsque des militant·e·s distribuent des brassards mauves aux participant·e.s d’une grande marche organisée à New York, en hommage à cet événement marquant. En 1970, un groupe de militantes lesbiennes de New York, issues du Front de Libération Gay (GLF) et de l’Organisation Nationale pour les Femmes (NOW), fonde un collectif féministe radical qu’elles nomment “Lavender Menace*. Elles détournent ainsi cette expression péjorative, proférée à l’encontre des femmes homosexuelles par la présidente de la National Organization for Women (NOW), Betty Friedan, qui estimait que la présence des lesbiennes dans le mouvement des femmes lui faisait perdre sa crédibilité.
Aussi, Roxanne Maillet s’intéresse depuis plusieurs années aux “lavender languages”, une catégorie regroupant les formes de langages, qu’ils soient verbaux ou non, développés par des communautés marginalisées et opprimées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur genre.
Ce concept, né au début des années 1990 avec l’essor des études linguistiques queer, utilise la symbolique de la lavande tout en restant suffisamment ouvert pour englober une multitude de codes et de systèmes de communication. Ces langages ont permis à des minorités sexuelles et de genre de créer des moyens d’expression propres, souvent incompréhensibles par les autorités ou ceux extérieurs à la communauté, afin de se protéger.
Par sa pratique qui peut être qualifié d’archivage vivant selon les termes de Sam Bourcier, Roxanne Maillet œuvre à mettre en forme et diffuser des récits minoritaires par la conception d’outils, formats et dispositifs éditoriaux qui encouragent la lecture collective, déplacent les frontières et remettent en question les rapports d’autorité entre designers, auteur·ices et lecteur·ices.
Dimanche 2 août, rejoignez Roxanne pour distribuer ensemble des bourses de lavandes. Sérigraphiées et brodées avec les noms des personnes impliquées dans “Lavender Menace” comme Rita, Karla, Barbara, Ellen et plus largement les mouvements de libération des droits LGBTQI. À l’intérieur de chaque poche seront disposés des petits textes racontant l’histoire des personnes concernées.
Ce geste performatif entre un écho à la distribution de brassard mauve lors de la marche en hommage au Stonewall et au cheval de troie de Monique Wittig qui désigne le fait d’utiliser de champ de la littérature ou de l’art pour s’immiscer dans celui de la lutte politique,
Ces bourses pourraient ne jamais être ouvertes ou rester fermées pendant un long moment. Leur contenu seraient révélés seulement si la lavande à l’intérieur est remplacée. Cette découverte tardive transformerait chaque bourse en une capsule de mémoire, un souvenir oublié qui refait surface. C’est un geste à la fois personnel et collectif, qui permet aux histoires des luttes LGBTQIA de s’infiltrer dans la vie quotidienne, sans imposer leur présence mais en laissant la possibilité d’être découvertes au fil du temps.
La déambulation-distribution sera suivie du Lavender cocktail auquel vous êtes invité·e·s à célébrer vos Sentimental Unions, en duo, en groupes…
Ces sentimental unions invitent à prendre le contre-point du mariage lavande, ou mariage de lavande (de l'anglais lavender marriage). Ce mariage de convenance entre un homme et une femme, conclut dans le but de dissimuler l’homosexualité ou la bisexualité de l’un ou des deux époux et à maintenir une apparence d’hétérosexualité dans des contextes où les sexualités qui sortent de la norme sont stigmatisées ou interdites. L'expression « lavender marriage » est utilisée dès 1887 dans le roman Mad de James Cyprian Camby Biddle-Cope. Elle apparaît également dans la presse britannique en 1895, où la couleur lavande est associée à l'homosexualité. La pratique du mariage lavande se popularise au début du XXe siècle, notamment dans l’industrie du cinéma et du divertissement, en réponse à l’homophobie systémique de l'époque dans ces milieux.
Enfin, lundi 3 août, ramenez votre tee-shirt blanc pour l’imprimer à l’essence de lavande avec les logos de votre choix parmi la collection dessinée par l’artiste !
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