Le Jardin d’Éguilles
Le portail en fer-rouillé-façon-sculpture ouvre le passage dans un autre monde.
Le passage est court, instantané. Quelques marches à monter, nous voilà à l’abri d’un tilleul centenaire et d’un sophora pleureur ; un petit bassin distille un filet d’eau.
C’est un jardin d’atmosphère, où l’on va, où l’on vient. Jardin de silence au cœur du village. Sauvage. Mais aussi apprivoisé. La cohabitation des œuvres et des plantes est la préoccupation principale de l’artiste. La végétation se charge de cloisonner des espaces où les œuvres se dissimulent.
Arbres réparés, bleus, habillés de feuillages imaginaires. Nous entrons dans le merveilleux. Les plantes imitent les œuvres, qui par amitié leur concèdent une certaine ressemblance. Elles ne sont pas là par hasard et choisissent leur place le moment venu. Ce pourrait être le royaume des escargots qui, disparus sans laisser d’adresse, ont laissé là leurs coquilles. Et les coquilles bien ordonnées, collées en rangs serrés sur des tiges de fer, des ballons, du grillage donnent lieu à toute une collection de constructions poétiques qui jouent de légèreté avec le monde végétal.
Ailleurs des livres ont donné leurs page à l’art. Depuis des années ils vieillissent travaillés par la pluie, le soleil et le vent. Ils redeviennent bois en toute simplicité.
Ici, les choses sont évidentes. Évidentes parce qu’évidées, vidées du superflu, élémentaire, fabriquées au plus juste. La nature autour fait pareil, elle apparaît là et pas là-bas, elle a ses raisons et les œuvres s’ajustent.
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