A 15h00
12 pers. max.
En Hors cadre du festival Normandie impressionniste, ALCA s’associe au centenaire de la mort de Claude Monet avec le projet «Jardins suspendus ; Il y a cent ans, Monet… » un triptyque arts plastiques / spectacle vivant / rencontres, sur le thème du jardin, tel que Monet l’a inventé comme motif artistique. Notre projet rend hommage à l’artiste en prolongeant, à travers l’espace et le temps, le jardin de Giverny où il conçut son chef d’œuvre monumental « Les Nymphéas », pour l’offrir à la France, à l’issue de la 1ère guerre mondiale.
Giverny / Gravigny… Une onde se propage à travers le “temps suspendu”, entre l’eau, la terre et la lumière…
Parmi les réalisations des quarante plasticiens, en hommage à Claude Monet, à son jardin et aux impressionnistes, la visite met particulièrement l’accent sur celles qui sont dédiées à la photographie ou qui l’utilisent comme medium ou source : œuvres de Christine Bouvier, Mickaël Delarue, Célia Ivoy, Gilbert Mareuge, Jean Rault, Annie Rosès, Dale J. Rowe.
En effet, d’une part, la production de certains de ces artistes augmente le patrimoine artistique et photographique français, d’autre part, certaines de ces photographies ou œuvres réalisées à partir de clichés photos contribuent à enrichir, illustrer et conserver la mémoire du patrimoine en général (architecture, villes et villages, paysages, jardins, monuments, espaces naturels, faune, flore, peuples…).
L’œuvre de Jean Rault, notamment, est caractéristique de cette intention. Notre exposition « Jardins suspendus ; Il y a cent ans, Monet… » présente six photographies de jardins traditionnels japonais (prises de vue argentiques, tirage couleurs, ou noir et blanc aux sels d’argent) et un exemplaire de son portfolio « D’une rive à l’autre » (2016). Ce portfolio –édition limitée à 30 exemplaires numérotés et signés + 5 exemplaires hors-commerce– est constitué de huit photographies aux sels d’argent réalisé en phototypie sur des papiers washi par l'atelier Benrido à Kyoto, Japon ; quatre photographies appartiennent à la série Cent vues du potager du Roi (Versailles, France) et les quatre autres appartiennent à la série L’Empire des jardins (jardins des temples Zen de Kyôto, Japon).
Par ailleurs, Jean Rault est présent dans la rétrospective « 200 ans de PORTRAITS ! » , à La Villa Tamaris Centre d’art, une exposition à travers les fonds de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie (de Nadar au studio Harcourt), pour fêter le bicentenaire de la photographie (04 juilllet > au 04 octobre 2026).
Pour les six gravures de la série « Flaques » (2007) –gravure sur cuivre, techniques mixtes, version marouflée sur châssis bois– à l’occasion de cet hommage à Monet, Christine Bouvier a repris la forme de variations sur un même motif. « Ce travail sur le thème des flaques d’eau, éclats de ciel sous nos pas est inspiré part une petite flaque de juillet, très anodine, sur un chemin du bord de l’Oise. Je l’ai fréquentée avec assiduité plusieurs jours, à différentes heures, songeuse : tant d’infini réfléchi par cette modeste surface , tant d’espace tapi dans un si petit creux… Graveur, j’ai tenté de traduire de façon tactile mes impressions sur les fluctuations du temps (…) [de] donner corps aux variations de lumière, (…) L’estampe comme un reflet de l’image gravée sur le métal. »
Annie Rosès a expérimenté l’héliogravure et divers procédés photopolymères mais finalement c’est la pratique des Solars plates qui s’est imposée comme une évidence : un travail contemporain entre high-tech et gravure classique en taille directe.
S’inspirant des paysages insulaires, des archétypes, des figures mythiques ou d’univers naturels autour du réalisme magique, elle cherche à exprimer ce qu’il a d’extraordinaire et d’étrangeté dans le monde réel et quotidien ; c’est pourquoi elle cherche à être en phase avec l'actualité, à questionner le sens du présent et d’un devenir dominé par la pensée numérale. Ses recherches artistiques l’ont menée vers une relecture de son héritage culturel et vers des horizons géo-grahiques esthétiques multiples qu’elle explore à travers diverses techniques et médiums tels que la peinture, la sculpture ou l’estampe, en passant par la photographie. Pour les « Jardins suspendus » elle propose quelques estampes des séries « Les quatre saisons aux jardins de Paris » et « Apicula », en écho avec la table ronde prévue en septembre 2026 sur les abeilles et autres insectes pollinisateurs.
Écossais ayant longtemps vécu en Zambie, fixé en France depuis des années, Dale Joseph Rowe peint, sculpte, photographie, crée des céramiques. Ses « Portraits de famille » sont des tableaux réalisés à partir d’anciennes photographies de famille, prises en Afrique ou en Écosse. Peintes sur des caissons en aluminium carrés, ces œuvres se comportent comme des icônes lisses, dans une technique similaire à celle de certains peintres de la Figuration narrative. Leurs couleurs sont lumineuses, souvent arbitraires, avec de larges plages où le métal réfléchissant est laissé en réserve. Des fragments de textes, illisibles, font parfois leur apparition en surcharge. Dans cette série, Dale J. Rowe nous propose la relecture d’un passé idéalisé, distanciée, où les histoires et les conflits ont perdu toute acuité, toute pertinence, pour ne laisser que des reflets détachés de leur contexte historique. Dans ses séries « Urban Trees » et « Urban Jungle » présentées à l’Atelier d’A, Dale transpose et objective le paysage urbain, qui est son environnement quotidien, en lieu poétique et patrimonial des XXe et XXIe siècles.
Avec les macro-photographies de Mickaël Delarue telles que « Rencontre de l'abeille et la fourmi », « Zoé, l'abeille de Chaalis », « Zoé et la pivoine rose » et les images de Gilbert Mareuge comme « Une larme pour Monet », « Jardin, la nuit, respire », ou « Un baiser pour Monet », l’Atelier d’A présente dune approche photographiques attentive, précise, pleine d’émerveillement, d’humour et de tendresse, sur une flore et une faune dont nous pouvons percevoir la richesse, le détail, la beauté parfois étrange, à travers leurs regards, de même que celui de Célia Ivoy, (assistée de Maylis Collet, montage - Jules Lefrançois, musique et Arsène Lefrançois, enregistrement) dans la vidéo « Jardins suspendus ».
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