Par Francis Durand.
En 1803, dans les locaux du lycée de Grenoble, deux jeunes garçons préparent le concours de l'école polytechnique. Ils ont été remarqués par le préfet Joseph Fourier, et placés sous la houlette bienveillante de ce bon monsieur Chabert, professeur de mathématiques. Le plus agé, Louis Vicat, fonctionne comme répétiteur ; il réussit le concours en 1804, puis devient ingénieur des ponts et chaussées. Le plus jeune, Emile Gueymard, intègre deux ans plus tard et devient ingénieur des mines.
Vingt ans plus tard, ils se retrouvent, travaillant côte à côte dans la grande salle du laboratoire de la faculté des sciences, place de la Halle à Grenoble.
Entre temps, Vicat s'est heurté aux problèmes de tenue des maçonneries dans l'eau. Il a lancé un vaste programme expérimental qui l’a mené à définir les pierres à ciment à utiliser et les traitements à leur faire subir pour fabriquer les liants cimentiers. Puis il a mobilisé ses collègues de la France entière pour répertorier les sites exploitables. Gueymard a parcouru le Dauphiné pour répertorier ses ressources et ses productions métallurgiques ou minérales ; puis il a créé le laboratoire de chimie de Grenoble.
Maintenant de multiples échantillons de pierres à ciment convergent vers Grenoble. Gueymard et Vicat les analysent et en tirent des informations dont ils font profiter la jeune communauté des cimentiers.
Vicat et de Gueymard seront, l'un comme l'autre, appelés à la capitale pour exercer les plus hautes responsabilités administratives, mais chacun mettra en avant son patriotisme dauphinois pour terminer à Grenoble une carrière entourée de l'estime générale.
En partenariat avec l’Aphid (Patrimoine et Histoire de l’Industrie en Dauphiné) et l’Association des Amis du Muséum.
Auditorium du Muséum (entrée rue des Dauphins, côté Rectorat) - gratuit
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