"Rêve ou cauchemar nocturnes, rêverie diurne, évasion dans l’imaginaire, espérances, utopies, imagination, fantasmes, hallucination : le champ sémantique du rêve est vaste. Au fil des siècles, le rêve s’est enrichi de sens et de fonctions multiples : du songe prophétique de Jessé à l’interprétation des rêves de Freud ; du rêve initiatique de Poliphile aux « rêves éveillés » des surréalistes. Aujourd’hui, la réalité virtuelle ouvre une dimension nouvelle, laissant la possibilité de croire que les rêves peuvent être vécus, même si c’est sous une forme altérée d’existence. Une chose est certaine : le rêve se diffuse dans notre vie entière, avec ce paradoxe que, malgré sa nature impalpable, il est bel et bien aussi une réalité – qu’étudient les neurosciences. On dit d’ailleurs que notre cerveau accorde au rêve la même « valeur de certitude » (selon l’expression d’André Breton) qu’aux phénomènes avérés. La création artistique et le rêve dansent ensemble : le rêve irrigue la création, puisqu’il est à la source de l’imaginaire (et quand bien même l’oeuvre serait réaliste, c’est la rêverie qui en fait naître l’idée) ; mais l’oeuvre d’art crée aussi une réalité autre, une matérialisation du rêve, résolvant « ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité » (André Breton). À ce titre, tout artiste, sans doute, aurait pu faire partie de cette édition 2023 de la Biennale d’Issy. Cependant nous avons choisi de privilégier ceux qui, explicitement, choisissent la voie du rêve, quel qu’en soit le sens. Nous verrons ainsi que le rêve est parfois enchantement ou évasion, il est plus souvent initiation, dévoilement, éruption, fulgurance, révélation des facettes multiples du réel." Anne Malherbe Commissaire de la Biennale d’Issy
La visite guidée sera suivie d'une performance de Nadou Fredj.
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