"Jeudi 24 août – Matinée calme. J’écoute avec émotion un reportage sur Paris libéré… J’en suis tout émue.
On entend toujours le canon et à 13h on commence à monter une barricade [dans la rue Renan, voir photo]. On se bat dans Paris… On entend des coups de fusil, de mitrailleuses de canon et de grenade…
L’après-midi est agité et fiévreux. On dit les Américains à la Croix de Berny… On les attend ! On dit qu’ils se dirigent vers Clamart puis au Petit Clamart… quant à 7h1/2, on nous dit : « Ils » sont à la mairie ! ! ! Du coup, de toutes les fenêtres, les drapeaux sortent… On attend fébrilement. C’est de l’enthousiasme… On attend, on attend… mais ils ne viennent pas jusqu’à nous ; « Ils » descendent vers Boulogne Billancourt… Les barricades les empêchent de passer et la DCA de la Pte de Versailles est encore occupée par les boches qui n’ont pas l’air de vouloir abdiquer. Quand les Allemands de la DCA aperçurent les drapeaux dans la rue Ernest Renan, ils commencèrent à rager leurs canons… Contre qui ? Contre quoi ? On n’en sait rien. Le plaisir de faire du bruit sans doute… Ils nous crèvent le tympan jusque vers 1h moins le quart du matin où un incendie (œuvre d’un héros civil qui est allé lancer une bouteille d’essence dans le camp) les fait taire à jamais. En même temps, les cloches de Saint-Étienne sonnent la libération.
La nuit n’est pas calme : on entend explosions, canons, coups de fusil. Il y a encore des coins de résistance… La libération de Paris n’est pas terminée.
Cependant, les cloches de Paris ont sonné vers 11 h à l’entrée d’un premier détachement de l’armée Leclerc qui s’est dirigé à l’hôtel de ville
Robert R* et des inconnus téléphonent dans la soirée pour demander si le bruit qui court que les Américains sont à Issy est bien exact. ! Quelle joie de pouvoir leur répondre que c’est VRAI ! ! !
C’est ce jeudi matin que, pour la dernière fois, j’ai vu les Allemands … une voiture, l’air en déroute, cherchant son chemin".
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