Dans la Tunisie d’aujourd’hui, comme partout ailleurs, le documentaire séduit moins les cinéastes mais il a permis aux plus créatifs d’entre eux d’entreprendre des expériences originales et édifiantes, en dépouillant le cinéma des oripeaux dont la fiction est plus encline à se draper.
Au départ de l’histoire du cinéma national, la production documentaire se mettait volontiers au service de la valorisation du patrimoine, faisant cause commune avec la fiction dans un élan général de construction d’un récit national. Mais depuis une vingtaine d’années, le geste documentaire s’est progressivement rapproché du présent, et, le désenchantement national aidant, s’est davantage territorialisé en se coltinant plus directement avec l’événement. La numérisation de l’outil et les bouleversements sociopolitiques de la fin de la décennie ont accéléré le phénomène. La cinéphilie a fait le reste. Aussi assistons-nous à une génération affranchie, dans sa grande majorité, des servitudes institutionnelles et des facilités médiatiques.
Nous avons fait en sorte que cette sélection nous permette de réaliser à quel point cette génération a pu capter, avec plus de liberté et une grande diversité thématique et formelle, quelques vibrations des transformations qui traversent en profondeur la réalité de ce pays.
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