Cette invitation fait suite à celle de Magyd Cherfi qui a initié la série de rencontres et conférences que nous menons dans le cadre du projet « Jeunes à vif, jeunes en devenir ».
Un défi nous est posé aujourd’hui face à de multiples tendances au repli sur soi et sur des appartenances closes qui provoquent des clivages relationnels. À contre-courant de ces rétrécissements identitaires, de nombreuses personnes témoignent de parcours où les tensions de la vie intime, familiale, sociale, politique… deviennent des tensions créatives d’altérité et d’imaginaires politiques, d’une humanité commune à inventer chaque jour.
La Barbe est le récit d’une initiation. Ce livre raconte avec humour comment un jeune Parisien désoeuvré a finalement trouvé sa voie : celle de l’écriture.
La description de l’entrée en Islam d’Omar, dans la France des années 1990, alterne ici avec l’évocation piquante des états d’âme d’un adolescent comme les autres. Ayant déserté l’École, sur laquelle ses parents fondaient tant d’espoirs, Omar cherche une porte, de la lumière. Mal orienté en fin de 3e, il part en quête de savoirs et de maîtres dans la rue, à la mosquée, en discothèque.
Vers 2004, au terme d’un parcours qui le mène de Dakar à Calcutta, en passant par New York et Tunis ‒ non sans ébranler ses certitudes ‒, Omar coupe la longue barbe qu’il avait laissé pousser et rentre chez lui. C’est loin de l’institution religieuse qu’il trouve finalement son équilibre. La Barbe est bien plus que le témoignage d’un croyant ; l’ouvrage, qui décrit le passage à l’âge adulte (d’où le titre, polysémique), aborde le rapport entre les générations, la déscolarisation, la délinquance, la drogue, et ce faisant le travail immigré, l’exil, le racisme.
Omar Benlaala est né à Ménilmontant (Paris) en 1974, dans une famille d’immigrés algériens. Précocement déscolarisé, il vagabonde pendant plusieurs années, passe de CDD en CDD, avant de publier en ligne Inspire, premier volume d’une trilogie qui tient du roman d’anticipation et de la fiction à thèse. En janvier 2014, il poste un bref récit autobiographique sur le site Raconter la vie. Les éditeurs de la collection éponyme lui proposent alors d’en faire un livre : La Barbe paraît au Seuil un an plus tard. L’Effraction, son premier roman publié, sort en août 2016, et marque le début de sa collaboration avec les éditions de l’Aube.
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