L’histoire de Marseille se nourrit de l’apport de populations immigrées parmi lesquelles les Italiens se situent longtemps au premier rang. Si la présence italienne est ancienne, elle s’est considérablement renforcée à partir de la fin du XIXesiècle avec l’arrivée une main-d’œuvre essentielle à l’essor économique de la ville. À la veille de la Première Guerre mondiale, un cinquième de la population marseillaise est italienne. Les Italiens venus pour la plupart du Nord de la Péninsule se livrent à des métiers variés même si la condition ouvrière domine. Si le travail permet assurément de nouer des contacts avec la société locale, dans les usines, sur les chantiers ou dans les boutiques, on se retrouve souvent entre Italiens. Chacun apporte dans des bagages une part de la culture de sa région d’origine tandis que l’État italien s’emploie, notamment après l’avènement du régime fasciste à défendre l’italianité des migrants. Il n’en reste pas moins que l’empreinte d’italianité a enrichi la vie politique, sociale et culturelle de Marseille. Pour autant, si on se plait aujourd’hui à célébrer intégration de ces immigrés transalpins, celle-ci ne s’est toutefois pas toujours déroulée sans difficultés. La xénophobie a parfois pris une tournure violente sur fond de préjugés bien ancrés et de crises économiques installant l’idée d’une concurrence déloyale avec les ouvriers français. Mais quelles qu’aient été les difficultés les Italiens ont contribué à façonner Marseille.
0 Commentaire Soyez le premier à réagir