A 14h00
Entrée gratuite. Visite de groupe sur réservation.
Commissariat Martine Robin
Avec le soutien de la Fondation des Artistes et en partenariat avec le CIRVA.
Avec le concours de l’Institut français d’Amman, Jordanie et de l’Institut français du Proche Orient, Beyrouth, Liban.
Elias Kurdy interroge notre rapport à l’histoire et à la fiction. La fiction qui joue un rôle à la fois heuristique et critique dans l’appropriation de données historiques. Elle permet d’élaborer des dispositifs narratifs qui permettent de penser des mondes possibles qu’il est envisageable de partager de multiples façons. Le récit historique et la fiction ont en commun la capacité de configurer des éléments dispersés dans le temps et dans l’espace en ayant chacun leur part de subjectivité. Elle permet une expérience temporelle alternative qui permet au spectateur de construire sa propre approche du passé à partir de l’endroit où il se situe.
Ses oeuvres font écho à la destruction et la mise en danger du patrimoine archéologique au Moyen-Orient aussi bien au cours de l’histoire que lors de récents conflits tout en portant un regard critique sur les récits établis du colonialisme.
La vie des objets archéologiques, en particulier dans les institutions muséales, est au centre de son travail. Ils ont été soumis au cours du temps à des déplacements, des violences et des instrumentalisations politiques ou économiques Walid Raad l’a bien montré avec Scratching on things I could Disavow où il s’intéresse aux objets du Musée du Louvre concédés pour un temps au Musée d’Abu Dabi aux Émirats Arabes Unis mais aussi Rayyane Tabet qui dans son projet Fragments a développé les vicissitudes, avec les accidents de l’histoire, concernant des fouilles du site de Tell Halaf en Syrie.
Dans ce projet, Elias Kurdy en faisant référence à son histoire personnelle a défini les relations visibles et invisibles entre trois villes Damas, Beyrouth et Marseille où il vit actuellement. Depuis l’Antiquité des relations se sont tissées dans le bassin méditerranéen mais au 19e siècle Marseille est devenue un véritable port de transit pour les migrants en provenance de l’Empire Ottoman dont un grand nombre de Syriens. De là, et comme les Italiens avant eux, ils pouvaient s’embarquer directement pour la traversée de l’Atlantique pour rejoindre l’Amérique du Sud ou du Nord.
L’hybridation qui ouvre à un espace relevant de l’imaginaire lui permet de créer des figures associant différentes cultures qui peut nous rappeler le syncrétisme religieux des siècles passés. Toutefois dans la pensée post-coloniale, l’hybridité est à penser comme une stratégie esthétique et politique permettant de résister à l’essentialisation, de complexifier les régimes de visibilité et d’inventer d’autres formes de présence.
C’est une opération de réappropriation de récits et de formes anciens pour les repenser dans la complexité du présent. Cette réalisation de faux vestiges par différents procédés, dont l’impression 3D, crée une collection fictive qui constitue le coeur de l’exposition. On y retrouvera des sculptures funéraires, des chimères et figures mythologiques réinventées s’inspirant de tombes de Palmyre d’autant plus troublantes qu’elles rappellent des figures identifiées tout en nous projetant dans un monde de quasi science-fiction.
Un texte de Jean Marc Prevost
Les recherches pour ce projet ont été menées en collaboration avec le Musée d’Archéologie Méditerranéenne de Marseille, l’Institut Français du Proche-Orient, l’Institut Français à Amman et le Beirut Museum of Art.
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