LES ALTER SÉANCES DU VENDREDY
Des séances de cinéma, bis, décalées voir dérangeantes, assurément dérangées !
Présentées par le Dr TOVOLLI
WESTWORLD de Michael Crichton
Est-ce bête ? Quand on associe Michael Crichton et parc d'attraction qui part en sucette, on pense immédiatement Jurassic Park (dont il a co-écrit le scénario d'après son propre roman). Et bien non, on ne devrait pas. On devrait au contraire se dire qu'en livrant à Spielberg une pâle resucée de Westworld, le-dit Crichton, il est vrai en roue libre sur la fin de sa carrière, ne s'est pas foulé la rate. Qu'on en juge avec la trame du film qui nous occupe ici : deux amis vont passer des vacances dans un parc d'attraction d'un nouveau genre. Divisé en trois mondes (le Far West, le château moyen-âgeux et l'Antiquité romaine), ce parc propose à ses clients d'être immergés à l'époque de leur choix, et de vivre en totale liberté la vie d'alors. En totale liberté, c'est à dire en donnant libre cours à leurs pulsions les moins avouables, puisque les personnages qui peuplent ce monde sont des robots, programmés pour ne jamais répliquer (hi ! hi !). Sauf que bien sûr tout cela va se dérégler et les robots vont devenir des menaces pour les humains.
Sérieux, Michael… Tout ce qu'on voit, c'est qu'en troquant les cow-boys contre les dinosaures, on a instantanément perdu le peu de questionnement métaphysique qui pimente gentiment Westworld, les motivations des humanoïdes, leur statut d'esclaves, la prédétermination, tout ça. Ok, c'est pas Blade runner, pas même Terminator, mais on sent bien frémir quelque chose. 1973 marque le retour de Clint Eastwood aux Etats-Unis, après avoir établi le mythe du cow-boy ultime pour Sergio Leone. Crichton est écrivain, scénariste, mais se rêve cinéaste. Sa mise en scène est précise, sèche, nerveuse, sans effet de manche - un peu dans la manière du Spielberg de Duel. Le charisme invraisemblable de Yul Brynner, impérial, hiératique, qui semble condamné dans le parc à rejouer inlassablement Les Sept mercenaires, est pour beaucoup dans le souvenir persistant de ce fascinant Westworld. Exhumé grâce au remake de luxe (la série) produit en 2016 par HBO, le film originel mérite d'être redécouvert – et le Michael Crichton cinéaste (un peu) réévalué.
(Avec l'aide involontaire de Walter Paisley, Psychovision)
SÉANCES LES VENDREDI
23 décembre à 22h
6 janvier à 21h45
20 janvier à 21h30
0 Commentaire Soyez le premier à réagir