Journal de guerre, 108eme jour
Le soleil s’est encore levé, mais pas pour Timmy et Washington. Ils ont été emportés par cette saloperie de gangrène. Le Capitaine Johnson ne gère plus rien, hier on a retrouvé au coucher du soleil des viet’ qui fouillaient les corps dans les barbelés en bas de la colline. Les pauvres types venaient gratter des munitions, des dollars ou n’importe quoi ayant de la valeur. Chaque fois que je rampe dans leurs tunnels et qu’on grenade leurs campement je peux pas m’empêcher de me dire qu’avec le peu qu’ils ont et vu la merde dans laquelle ils passent le plus clair de leurs temps, normal qu’ils soient enragé, normal qu’ils aient les nerfs, mais surtout, putain comment ils font pour pas crever avant qu’on les recouvre de napalm ?
Tous les mois j’ai 1 copains qui se barre entre la vie et la mort, que ce soit une diarrhée de tous les diables, une infection galopante sur la moindre coupure de rasoir ou une putain de maladie tropical quelconque. Ce pays suant nous tue plus vite que Charlie et ses flingues du siècle dernier.
108 jours d’enfer, 108 jours à prier pour survivre, a prier pour tenir jusqu’au bout. Et quand un véhicule pète pendant la patrouille, je suis terrifié a l’idée de faire partie de tous les p’tits gars qui vont devoir ramasser les bouts des potes et en même temps je remercie le ciel de m’avoir sauvé les miches encore une fois. 108 jours sans une bonne nuit de sommeil, 108 jours sans me lever la peur au ventre ni me coucher avec la merde au cul. Et surtout bon dieu, 108 jours sans une bonne bière fraiche.
Putain, pourvu que ce soir encore je rêve de ma dernière cuite, rire avec les potes, descendre des verres et pas des Cocos, répondre à des questions à la con pour gagner des shooter, et rire et boire.
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