Du quartier gitan de Barcelone à Hollywood, l’iconique Carmen Amaya a révolutionné le flamenco. Aina Alegre convoque l’esprit de cette bailaora pour composer une danse nerveuse, traversée par son fantôme et son énergie fulgurante, toujours contagieuse.
Son zapateado radical et son refus des assignations de genre ont fait de Carmen Amaya une figure majeure du flamenco du 20e siècle, qui a pourtant tardé à bénéficier d’une juste reconnaissance mondiale. Elle est, pour Aina Alegre, une force à réactiver. Les sept interprètes laissent surgir les frappes de pieds, torsions de la colonne, bras pliés, bustes projetés. La danse martèle, accélère, attaque, portée par une musique aux rythmes percussifs et traversée par les éclats du cuivre. Nourrie d’archives et d’imaginaire, la chorégraphe invente un frottement de langages entre rituel contemporain et flamenco déconstruit, d’où fusent le désir, la lutte et la joie partagée.
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