Nimbé d’une aura sulfureuse (probablement due au film Dig !, dont ils sont les héros avec The Brian Jonestown Massacre), le quatuor de Portland distille un rock sensuel et psychédélique, qui doit autant au Velvet Underground qu’aux mélodies de la côte Ouest de la fin des sixties. Cabossés par presque vingt ans de carrière et d’excès, le groupe est de retour en pleine forme avec This machine. Loin de cette réputation de poseurs écervelés qui les poursuit injustement, c’est l’album de quatre musiciens qui s’acceptent sans fard, aussi à l’aise avec leurs failles à nu qu’avec leur frivolité et leur assurance. La voix de Courtney Taylor-Taylor, un brin éraillée, écho du Lou Reed fragile d'antan, finit de nous convaincre. Les Américains ne sont pas qu'artifice, ils ont aussi leur propre son, cet entêtant sens du groove moelleux qui les place au-dessus du lot et ne fait que conforter leur charme bancal mais irrésistible. Sur scène, les quatre dandys délivrent avec nonchalance leurs accents glam mêlés de shoegaze et nous entrainent au long de morceaux-fleuves, de nappes cosmiques et de rêves au long cours, avec une facilité à mettre sur toutes les lèvres leurs pop-songs nonchalantes.
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