Avec Anne-Cécile Mouget
Doctorante en sociologie à l'université de Caen, et militante pour l'accès au couple et à la vie sexuelle des handis
Les identités handies sont, comme les identités LGBT, discriminées par l'obligation, au sein de notre société normative, de se ranger dans des cases, acceptables, et d'adopter les comportements attendus. Au delà des questions de genres ou de sexualité il est fructueux d'appliquer les théories Queer au corps en général, dans son rapport aux normes culturelles et/ou statistiques, que ce soit dans son apparence ou dans ses façons de fonctionner. Cela amène à ne plus penser le handicap d'une manière négative ou péjorative en terme de « déficiences », « incapacités », « infirmités », « invalidité ». A ne plus penser le handicap non plus en terme plus neutre de « différence » car cela perpétue la hiérarchisation normative entre les « classes corporelles » : le « normal » (préférable) et les « différents » (à détecter, réparer, réhabiliter ou compenser). Mais plutôt à penser le handicap en terme de diversité. La diversité fonctionnelle au sein de la diversité humaine est une richesse positive, source de créativité et d'innovation. Nous devons admettre que nous sommes tous divers, et tous dans des situations de dépendances techniques et humaines.
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