Installé de part et d’autre du trajet fulgurant qu’empruntent les flèches à près de 200 kilomètres-heure, le public retient d’abord son souffle comme pour un numéro de lancer de couteaux au cirque. Mais Tsirihaka Harrivel dessine bientôt un autre scénario, plus mélancolique et impressionniste, au fil de tableaux mettant en scène Caroline Ducrest - troisième dan de Kyūdō, le tir à l’arc japonais - et la performeuse Charlotte Le Hir.
Cette forme courte s’inscrit dans la réflexion que mène Tsirihaka Harrivel depuis une chute accidentelle survenue lors d’une représentation du spectacle GRANDE. L'artiste - associé au CENTQUATRE-PARIS - a trouvé dans la pratique des arts martiaux, et singulièrement du Kyūdō, l’endroit d’une nouvelle compréhension du monde, physique et intellectuelle. Cruel Trop Tard est la première forme donnée à une intuition développée lors de sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto : si le cirque est un art, c’est un art martial. Cette hypothèse trouvera son aboutissement dans une deuxième création longue TELA MISSILIA ARMA prévue pour 2027.
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