l'Arrestation - Ecole du breuil

Le

De 10h00 à 15h00

Ecole du breuil

75012 Paris

Un “Flic” arrête un jeune “Type”, sans véritable motif. La situation, presque insignifiante au début, devient progressivement cauchemardesque pour le garçon, et une réelle machine à tensions et quiproquos pour le spectateur. Au lieu de devenir un affrontement attendu, la situation permet au policier de déverser devant sa victime étonnée, muette et de plus en plus inquiète, son point de vue sur le pognon, la taule, la discipline… L’écriture de Mario Batista se détourne des archétypes et porte l’humanité des personnages. Ils ne parlent pas pour nous raconter une histoire ou faire avancer une intrigue, mais pour permettre aux personnages de s’en sortir.

Si plusieurs évènements ont conduit à des affrontements violents entre les forces de l’ordre et des jeunes de banlieue, L’Arrestation semble pouvoir répondre à une situation où le sensationnel porté par les médias empêche toute forme de discernement. Cette pièce permet de mettre en lumière des réalités parallèles pour tenter de conjurer leur incommunicabilité. Ainsi, la portée de ce texte par rapport à l’actualité récente, tout comme la volonté de poursuivre l’adresse à un public adolescent, rendaient nécessaire la reprise de ce spectacle créé en 2011.

Comme dans la plupart de mes spectacles, ici encore, c’est la parole qui prime sur l’intrigue. Ce dialogue, avec ses allures de monologue, transforme une situation banale en terrain de duel poétique. La parole du flic, quasiment jamais interrompue, file dans un style musical très enlevé, tandis que les rares répliques du jeune homme viennent exacerber les différences entre ces deux personnages.

Néanmoins, l’unique scène du spectacle se déroule pendant une heure, dans un seul espace, et nous tient en haleine. Le drame qui peut surgir à tout moment, même s’il n’arrive jamais, nous oblige à prendre partie. Or cela s’avère impossible tant le spectateur est balloté entre le refus de l’injustice et sa compassion fluctuante envers les personnages, entre son désir d’ordre et de tranquillité, et la terreur qui en découle.

Avec un jeu physique retenu, la mise en scène, sous forme de tableaux assez statiques, accompagne l’évolution des rapports entre les personnages. Le jeune homme, menotté durant tout le spectacle, forcé d’écouter le flic, passe de l’impertinence inoffensive à la colère exacerbée puis à l’épuisement. Environnement urbain souligné par le langage et la musique, plateau minimaliste et lumière froide qui circule dans un mouvement continue mais imperceptible : la scène jamais ne se fixe.

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