A 11h00
Payant — De 0 à 13 euros.
Le retour de Nanténé Traoré sur la côte bretonne, qu’il fréquentait enfant avec sa mère, fait ressurgir des souvenirs traumatiques et marque le début d’une période de profonde dépression et de dissociation. Réalisées à partir de pellicules périmées datant des années 1990, les images traduisent cet état de trouble où la réalité semble se dérober. Les altérations chimiques du film modifient les couleurs, brouillent les contours et produisent des visions instables, presque fantomatiques.
Dans ce paysage habité par les souvenirs, les promenades deviennent une manière de déplacer son attention vers le monde qui l’entoure et ce qui le constitue : les rivages, les oiseaux, les chiens errants ou encore les silhouettes familières endormies. Son regard se pose sur la beauté fragile des êtres et des lieux promis à l’effacement.
Traversées de lumières vaporeuses, bleues ou orangées, les images brouillent les frontières entre les formes : les corps deviennent les paysages, et les paysages deviennent le reflet d’états intérieurs. Le film prolonge cette expérience de dissolution : un plan fixe sur un paysage est accompagné par la voix intérieure de l’artiste, qui nous guide au cœur de cette dérive sensible et mémorielle.
L’exposition réunit un nouveau projet photographique argentique, réalisé en Bretagne à l’été 2025, ainsi qu’un film tourné lors d’une résidence en Albanie durant l’été 2026.
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