Drame amoureux.Enchâssé dans un parc trop sombre où coule l’eau glacée d’une fontaine que l’on dit miraculeuse, le château d’Allemonde se referme à la nuit sur ses mystères. C’est là que le vieux roi Arkel termine la fin de son règne, accueille ses petits-fils Golaud et Pelléas, contemple les facéties du destin. Tout, en ce royaume, étouffe de ses légendes, s’étiole dans la torpeur de l’oubli, pousse vers la mer par espoir de lumière.Et Mélisande, éternelle égarée en ce monde, à jamais effrayée par un passé qu’elle rejette de tout son inconscient, captive d’un Golaud qu’elle vient d’épouser par innocente mégarde, apparition d’amour pour un Pelléas en mal de rêves, beauté éthérée qui fascine Arkel, devient l’âme vacillante de ce songe dont on ne peut s’éveiller.Les mélodies de Claude Debussy effleurent à peine la langue extrêmement réduite de Maeterlinck pour ne rien perdre de son irréelle poésie, tandis que sa musique, étirée et fluide, noie de stupeur Pelléas et Mélisande, héros évanescents d’une aventure qu’un souffle d’amour suffit à éteindre.
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