| PROJECTION-RENCONTRE | Cinéma
Anna López Luna, Enterrar y callar
Enterrar y callar : titre d’une gravure de Francisco Goya pour un film
qui ouvre sur le paysage inquiétant d’une Espagne contemporaine.
Car ce qui s’y révèle ne procède pas seulement d’un passé tenu
dans une distance rassurante, mais continue de se produire aujourd’hui : le vol des nouveaux-nés dans les maternités.
Abus de pouvoir médical, contrôle religieux, corruption
institutionnalisée, mépris de l’autre : ces mots et ces sentiments résonnent d’une parole à l’autre et dévoilent des procédés qui ont été perpétrés pendant la dictature franquiste et ont continué dans la démocratie.
Une série d’entretiens recueillis dans toute l’Espagne : des mères, des pères, des enfants, les uns après les autres, déposent leur lourd secret.
Alors, la parole, dans l’espace du film commence à se délier et se révolter contre le vide juridique qui l’étouffe. Un vide qui se confond avec la situation de l’Espagne contemporaine où l’impunité des crimes subsiste.
Vingt-quatre témoins et vingt-quatre récits rythment la vidéo
de Anna López Luna, Enterrar y callar (82 minutes) que l’artiste a réalisée après un périple à travers l’Espagne en 2012. Proche de la pratique documentaire, ce film se présente comme un témoignage collectif et confronte le spectateur à l’impunité qui subsiste dans les sociétés contemporaines. En pointant du doigt l’horreur et l’injustice, l’artiste souligne ici la corruption sévissant au sein du système espagnol caractérisé par la corruption de l’État, la spoliation du système social et le durcissement d’une morale sexuelle conservatrice.
Née à Barcelone (Espagne) en 1983, Anna López Luna vit et travaille à Paris. Elle a étudié aux Beaux-arts de Cergy. Son film a été montré dans de nombreux festivals, à Marseille, Barcelone, New York, Rome, Saint-Ouen, Luxembourg, San Sebastian…
À l’invitation d’Hélène Delprat, professeur aux Beaux-Arts de Paris.
Amphithéâtre du Mûrier
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