L'ouvrage :
Au printemps 1933, de jeunes poètes taïwanais fondent à Tainan, leur ville natale, la société poétique Le Moulin, qui publie une revue ronéotée du même nom. Ayant grandi à Taiwan au temps de la domination coloniale japonaise, ces quatre jeunes gens – Yang Ch’ih-ch’ang (1908-1994), Lin Hsiu-er (1914-1944), Li Chang-jui (1911-1952), Chang Liang-tien (1915-2014) – avaient reçu une éducation en langue japonaise, et c’est par le Japon et le japonais qu’ils ont découvert la littérature mondiale et se sont engagés sur la voie de la création littéraire. Ils se sont fixé pour but de stimuler le renouveau de la littérature sur l’île en pratiquant une poésie pure, d’inspiration moderniste, qui tranche avec les préoccupations politiques et sociales de la littérature de gauche en plein essor dans les années 1920. Souvent qualifiée de surréaliste, leur poésie doit en réalité, davantage qu’au mouvement initié par André Breton, à la version intellectualiste qui en a été donnée au Japon. Leurs créations recèlent également une critique implicite de la réalité coloniale taïwanaise et des traditions féodales, mais en empruntant les voies du modernisme plutôt que celles du réalisme.
Les quelques traductions existantes des poètes du Moulin, en anglais, avaient été effectuées à partir du chinois. Présentés en version trilingue, les poèmes sélectionnés ici ont été traduits depuis leur version originale en japonais. Aujourd’hui, près de cent ans après la création de la société du Moulin, les poèmes écrits en japonais par ces poètes ont inversé la trajectoire par laquelle le surréalisme était arrivé à Taïwan via le Japon, et arrivent enfin, traduits et publiés, entre les mains des lecteurs français.
Les textes ont été édités par Isabelle Rabut et Angel Pino. Les poèmes ont été choisis par Isabelle Rabut.
Ils ont été traduits du japonais par Makiko Andro-Ueda et Makiko Nakazato.
La préface est de Chen Yun-yuan.
Cette édition est trilingue : français, japonais, chinois.
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