La chorégraphe Bouchra Ouizguen et la cinéaste et photographe Tala Hadid travaillent aux lisières de leurs disciplines et des mondes, là où le corps et l’image cessent d’être des figures distinctes pour entrer dans un régime de passage. De leur collaboration naît un ensemble d’images en mouvement et de gestes performés, photographiés et filmés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et ailleurs. L’installation se déploie comme un champ de circulation sans centre ni bord, où corps, voix et gestes traversent des cycles de deuil et de joie, de densité et de disparition. Qu’advient-il dans la rencontre entre un corps et une image, lorsque chacun devient variation ? Ces apparitions prolongent la trace ; les corps ne se contentent pas d’apparaître : ils se modulent, se retirent, réapparaissent autrement. Entre les danseuses et la caméra, comme entre les visiteur·euses et les images—filmiques ou photographiques—se constitue une zone instable où la présence varie en intensité. L’oeuvre s’attache à ce qui persiste lorsque les formes se dispersent, et interroge les conditions mêmes de leur survivance.
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