Neuf musiciens Californiens dont la musique est immédiatement addictive Aline Afanoukoé. France Inter
le cool intemporel de Thee Sinseers :
Joey Quiñones et son combo présentent leur premier album, un voyage soulful aux orchestrations classieuses nourri à la pop sixties, à la musique jamaïcaine et à la soul chicano. Guillaume Schnee FIP
Pour dire que Thee Sinseers font de la musique oldies, il faudrait déjà simplifier ce qu'ils proposent. Mené par Joey Quiñones, enfant de l'East Los Angeles et figure centrale du groupe, Thee Sinseers façonnent depuis 2019 un son qui puise dans le R&B et la soul tout en s'émancipant des codes figés du genre. Aux côtés de ses musiciens, Quiñones construit une esthétique singulière, nourrie par une vision profondément moderne d'une musique intemporelle.
À l'approche de la sortie de leur nouvel album Love Stories sur Colemine Records, une chose saute immédiatement aux yeux : ce disque ne raconte pas une histoire d'amour simple et bien rangée. Il ne s'intéresse pas à la happy end, mais à tout ce qui la précède, la suit, ou lui échappe.
Pour cet album, le groupe a choisi une instrumentation plus organique : contrebasse, guitares branchées sur des amplis pour retrouver cette chaleur typique des années 60 Les inspirations surgissent de partout, parfois même des endroits les plus inattendus. C'est justement cette approche sans frontières qui, selon Quiñones, définit le mieux le disque :
À aucun moment nous n'avons eu l'impression de faire de la soul. Nous avions simplement l'impression de faire notre musique.
Avec Love Stories, Thee Sinseers ont cherché à capturer quelque chose de plus honnête qu'une simple collection de beaux moments. L'album explore autant les sommets que les failles des relations amoureuses, tout en ouvrant le propos à des liens familiaux, complexes ou irrésolus. Les parents des membres du groupe apparaissent d'ailleurs sur l'artwork du disque, intégrant leurs propres histoires d'amour à l'identité visuelle de l'album - certaines toujours intactes, d'autres non. Comme l'explique Manjarrez :
Chaque titre t'emmène sur un chemin différent de l'amour - que tu y gagnes ou que tu y perdes.
Quiñones souhaitait laisser cette ambiguïté intacte :
L'amour ne s'arrête jamais. Il dépasse les vies elles-mêmes. Je veux que les gens restent dans cette confusion, que tout demeure ouvert, comme un livre qu'on ne referme jamais.
Une chose, cependant, traverse tout l'album : l'attachement profond du groupe à ses origines. Cette identité de l'East LA n'est jamais revendiquée avec insistance ; elle imprègne naturellement la musique, sans jamais devenir un argument ou un costume. Ici, aucune mise en scène du chagrin amoureux - seulement quelque chose de profondément vrai.
Comme une lettre d'amour jamais envoyée qui finirait enfin par arriver à destination, Love Stories porte le poids de tout ce qui a été ressenti sans jamais vraiment être exprimé. Et peut-être que cette universalité se résume le mieux dans les mots mêmes de Quiñones :
Il n'est jamais trop tard pour changer. Il n'est jamais trop tard pour dire à quelqu'un qu'on l'aime.
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