¡Babour SAUVAGE XXL?
BABOUR SAUVAGE — FORMAT XXL 🏴☠️ On avait envie de voir les choses en grand. Alors cette fois, le Babour ne s’arrête pas au petit matin. 20 HEURES DE TEUF…
La Galerie Lahumière présente pour la première fois le travail d’un photographe et elle a choisi Serge Najjar, dont les images géométriques, saisies dans le monde réel, composent des espaces qui semblent pourtant presque irréels. Né à Beyrouth en 1973, Serge Najjar porte sur la ville un regard qui s’écarte de toute représentation attendue du Liban. Regarder autrement, c’est aussi refuser de réduire un pays à ses blessures. Nourri depuis l’enfance par une collection familiale réunissant de grands maîtres de l’abstraction géométrique, Serge Najjar développe une approche avant tout intuitive : il réagit à ce qu’il voit, et les rapprochements avec l’histoire de l’art apparaissent souvent après coup. Juriste et avocat de formation, il commence à 37 ans, à rebours du parcours traditionnel, un chemin qui le conduit du téléphone portable à la photographie argentique. Il s’en tient à ce qui a réellement été observé, sans mise en scène. Ses photographies ne sont jamais retouchées. Il cherche sur les murs des chantiers des images, des formes ou des indices accidentels qui font écho aux artistes qui ont formé son regard. Serge Najjar suggère que ce qui est photographié n’avait peut-être jamais été véritablement vu ni remarqué. Il produit chez le spectateur une illusion, un renversement de sens, un dévoilement. Le béton, matériau privilégié, devient sous son regard une véritable palette de textures, de couleurs, de courbes et d’angles. S’il ne photographie jamais une architecture finie, c’est qu’il cherche à saisir la possibilité d’une image contenue dans une architecture en construction : créer plutôt que reproduire. Par le cadrage, Serge Najjar compose et démembre l’espace. Il voit, dans l’objet qu’il observe, la photographie qu’il va prendre. La présence humaine joue également un rôle essentiel. Lorsqu’un ouvrier traverse le chantier, il devient partie intégrante de l’image. Il donne l’échelle, ramène l’abstraction vers le réel et rappelle au spectateur qu’il regarde une photographie et non une peinture.
Les photographies de Serge Najjar témoignent ainsi d’une conviction simple : l’abstraction peut être trouvée dans le réel, à condition de savoir la voir : À l’instant T.
Mario Choueiry
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