Mars 2026.
Basinga devaient rejoindre Collectif Kahraba au Liban, pour préparer le spectacle que nous devions présenter cet été à Beyrouth puis en France à l’automne prochain. Il s’agissait pour nous de créer du lien, des moments de partage, de dessiner ensemble les formes rêvées de nos espoirs les plus fragiles et l'utopie d'une humanité qui peut encore se vivre entre artistes, amateurs, enfants, voisins du quartier, et réfugiés.
À l'heure où nous écrivons ces lignes, 35 villages du Liban Sud ont été rasés, 1 million de personnes ont été forcées à quitter leur maison, et le Liban perdrait 20% de son territoire. Quand vous lirez ce texte, ces chiffres auront peut-être doublé.
Tout est bouleversé et la violence à l'oeuvre met tout notre être à l'envers.
Comment tenir encore debout dans un monde qui s’effondre ?
Si accueillir Basinga à Beyrouth est impensable aujourd’hui, Kahraba peut encore rejoindre Basinga à Sauve, dans les Cévennes, et rester fidèle à notre promesse de rencontre, d’hospitalité et de poésie.
Mais que peut la poésie face à la barbarie ?
Sans doute pas grand chose, si ce n’est peut-être de pouvoir convoquer ce qu’il y a de meilleur en nous, en notre humanité et faire de nous plus que des survivants, des vivants.
À la barbarie nous répondons alors par notre fragilité.
Raconter, partager notre indignation, marcher sur le fil, tenter des équilibres pour rester debout, assumer notre vulnérabilité et affirmer que la poésie compte partout, surtout maintenant. Elle est notre fil tendu vers vous.
L’aéroport est encore ouvert. Le sera-t-il en septembre pour vous rejoindre? Nous l’espérons.
Nous vous donnons un rendez-vous que nous espérons tenir, sans pouvoir le promettre.
Peut-être serons-nous là, pour partager avec vous cette création funambule et marionnettique, tissée de rencontres réelles et espérées, de figures mythologiques inventées, de rituels de consolation, de tendres mondes en équilibre, de branches de nos arbres déracinés, de chants du cœur et de cordes vibrantes, de lettres qui ouvrent des portes invisibles : une cérémonie extra-ordinaire ancrée dans le quotidien, l’amertume du café et la démesure.
0 Commentaire Soyez le premier à réagir