Bertrand Belin : Watt, ceux qui sortent des enceintes. Watt, étrange sonorité renvoyant à la fameuse et légitime interrogation de langue anglaise. Watt, personnage qui donne son nom au roman formidable de Samuel Beckett. Watt, Wattoo Wattoo, dessin animé de mon enfance à la musique si belle et inquiétante. Voilà maintenant plus de 20 ans que Bertrand Belin promène sa dégaine de poète dandy dans le paysage de la chanson française racée. Watt est son huitième album. sa voix grave et son phrasé minimaliste, ses textes impressionnistes qui convoquent couleurs, matières et animaux et enfin ses arrangements, mélange précis d'économie et d'élégance.
Watt est un très bon album de Bertrand Belin qui réussit à affiner son travail d'association de cordes plutôt classiques avec des rythmiques plus électroniques et à obtenir un résultat organique et sophistiqué. Si le disque s'autorise des incursions en territoire jazz, en pure chanson française ou en trip hop, il brille par une cohérence qui tient surtout à son ambition tant musicale que littéraire : capter ce qui se joue entre l'intime, le collectif et l'environnement, au sens le plus large du terme. (dixit goûtemesdisques)
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