“Dans l’obscurité du crépuscule”, les routes d’un dealer et d’un client se croisent, par le jeu du hasard ou du destin. Après la demande d’amour, qui motivait le “dialogue solitaire” de la “voix au bord de la forêt”, c’est la limite subtile entre le désir et le combat qui est au cœur de la dramaturgie. Comme une araignée avec sa proie, le dealer attend, au milieu de la “ligne droite”, le passage du client. Ce dernier n’a d’autre issue que de s’arrêter, sous le regard paralysant de l’ennemi, et de lui répondre. Le dialogue est la danse qui tente inutilement de retarder l’affrontement des corps, une danse symétrique autour du thème du désir et de la peur. Notre monde moderne ne laisse plus de place à l’héroïsme, le système de survie étant fondé sur le marché de la jouissance et du besoin de violence. "Il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’amour...", “Il n’y a pas de règles” déclare le dealer à la fin de la pièce, “il n’y a que des moyens, il n’y a que des armes".
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