A 15h00
De 10 à 130 €
À Séville, au XVIIIe siècle, le comte Almaviva s'est enflammé pour une jeune fille entrevue à Madrid. Mais Rosina est retenue prisonnière par son tuteur, le vieux docteur Bartolo, qui veut l'épouser. Pour pénétrer dans la place forte, Almaviva fait appel à Figaro, barbier et factotum de la ville. S'engage alors une guerre de mouvements entre amoureux impatients et barbon jaloux, enchaînant déguisements, quiproquos et retournements de situation à un rythme endiablé.
En 1816, à vingt-quatre ans, Rossini est déjà le compositeur le plus fêté d'Italie. Il court de ville en ville, couchant sur le papier des partitions entières comme en une décharge de surabondante énergie. Homme pressé, il ressemble à son Figaro : « Tous me veulent, tous me demandent, un à la fois, par pitié ! » Le défi est de taille : depuis trente-cinq ans, le Barbier de Giovanni Paisiello tient l'affiche. Rossini n'a que quelques semaines pour composer. La première est un fiasco – mais dès le lendemain, le triomphe est définitif.
Car ce Barbier est une révolution. Là où Paisiello cultivait la douceur, Rossini impose une énergie jubilatoire, une pulsation athlétique, un crescendo irrépressible. La musique devient manifeste : dans le finale du premier acte, sistres, piccolos et grosse caisse produisent un vacarme assumé. Rossini introduit le bruit et la fureur à l'opéra – et crée l'un des ouvrages les plus populaires du répertoire.
Rossini déploie dans son chef-d’œuvre une énergie vertigineuse, tourbillon de mots et de vocalises au service d’une action menée tambour battant jusqu’à cette « folie organisée » qu’admirait Stendhal. La mise en scène virevoltante de Josef Ernst Köpplinger fourmille de trouvailles réjouissantes : sur un plateau tournant, balcons sévillans et intérieurs bigarrés des années 60 rivalisent de fantaisie et d’élégance. Un spectacle enivrant comme un champagne !
Deux distributions se partagent les représentations, réunissant rossiniens confirmés et étoiles montantes. Car ces rôles sont de véritables feux d’artifice vocaux : Rossini exige la même virtuosité pyrotechnique de tous, de la mezzo à la basse. Tous relèvent le défi d’un Barbiere jovial et irresistible !
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