Pindorama est le nom que les premiers habitants du Brésil, les Tupis, donnaient à leur territoire. Ceux-là même que les colons portugais croyant débarquer sur une terre vide, vierge, n’ont pas su voir. "On ne voit pas ce que l’on ne reconnaît pas" dit Lia Rodrigues. Cette grande dame de la danse travaille depuis dix ans au cœur d’une favela de Rio où elle a aussi créé une école. Autant dire que le collectif et l’engagement, éprouvés au quotidien, sont des questions de vie, voire de survie. Aussi Pindorama ne se décrit pas, mais s’éprouve très fortement. L’expérience plonge les interprètes et les spectateurs dans un même paysage physique qui brasse la sensualité des corps et la puissance des éléments. Eau, tempête, bruissements de la nature et silence… Si le décor tient dans quelques valises, économie oblige, il offre d’inépuisables métamorphoses, comme autant de chemins de rencontre avec le cœur sauvage du Brésil.
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