Les décors et les costumes du nouveau délire de Grace Ellen Barkey et Lot Lemm sont un spectacle à eux seuls : dans une forêt enchantée, nimbée de brume, sept interprètes masqués dansent littéralement avec d'immenses mobiles de papier suspendus au-dessus de la scène. Une chorégraphie délirante, joyeuse ou grotesque jusqu'au malaise, à la façon de ces trips hallucinogènes provoqués par certains champignons qu'on qualifiera de "bizarres" (les mushrooms du titre).
MUSH-ROOM est un conte de fée sans queue ni tête, une narration absurde qui semble n'avoir d'autre enjeu que de se saboter en permanence pour finir par s'enrouler sur elle-même : au sens propre, une révolution, comme celle fomentée ici par une troupe de champignons en lutte pour leur liberté (et voilà pour l'histoire...). Mais par ce dynamitage en règle des convenances du "théâtre dansé", Grace Ellen Barkey oblige le regard du spectateur à se porter sur la grâce des corps et des mouvements – nouveaux venus dans la compagnie, Sung-Im Her et Mohamed Toukrabi sont juste renversants.
Un spectacle aux vertus psychotropes, généreusement démultipliées par la musique du groupe culte The Residents, auto-proclamés "maîtres de l'étrange". Ca promet, mais on ne saurait vous dire quoi...
Parallèlement au spectacle, une installation video signée Lemm&Barkey sera présentée.
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