Tôzaï !... concentre les thèmes chers à Emmanuelle Huynh : le Japon et l’origine de la danse, initiés depuis son premier opus Mua, superbe solo dans le noir et le silence. Dix-huit ans plus tard, elle revient sur l’ouverture, ce moment — souvent escamoté — de bascule avant l’événement, dont elle fait le cœur battant de la pièce. Tôzaï !... : "d’Est en Ouest" est le cri d’allégresse poussé par un accessoiriste voilé au départ du Bunraku. Ce théâtre traditionnel de marionnettes japonais s’annonce par un rituel sophistiqué : "un mille-feuille d’ouvertures, un battement de rideau comme une paupière, prélude à une annonciation".
Emmanuelle Huynh y puise le projet d’une chorégraphie verticale et horizontale du dévoilement et de l’effacement, hantée par la présence de Sambaso : figure populaire du Bunraku, il nettoie la scène, ouvre l’espace à ce qui va advenir… : "dans les plis du rideau persistent des danses qui ne sont pas encore arrivées. Nos corps les déplieront et feront surgir notre propre danse de l’avant".
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