D’abord, il y Christina Masciotti, jeune dramaturge new yorkaise encore méconnue du grand public, dont il y a fort à parier qu’elle ne le restera pas longtemps. Dans Vision Disturbance, elle imagine la rencontre improbable – et piquante à souhait – entre un ophtalmo mélomane et une immigrée grecque en pleine crise conjugale et existentielle.
Et puis il y Richard Maxwell, déjà très remarqué sur les plateaux du monde entier pour la grande maîtrise stylistique et ce ton très « américain » – quelque part entre Thoreau et Cassavettes...
Ainsi, quand Maxwell s’empare du texte de Masciotti pour le porter à la scène, il est évident que ces deux-là sont sur la même longueur d’ondes : humour pince-sans-rire, jeu faussement désincarné, et une fascination débridée pour ces deux personnages et leur simple histoire de « trouble de la vision ». Deux êtres un peu gauches, un peu paumés, qui passent toute la pièce à tenter de « faire le point ». Jusqu’au coup de théâtre final, qui confirme que Maxwell est un maître de l’illusion, et le théâtre une affaire de perspective(s)...
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