Les cinq garçons de café qui vous accueillent au début du spectacle ont l’air un tantinet blasé – peut-être franchement neurasthénique – mais ne vous fiez pas aux apparences : dans Onomatopee, rien n’est vraiment ce qu’il a l’air d’être, et rapidement tout devient autre chose… Issus de quatre compagnies différentes – et absolument complices – les acteurs-auteurs de Onomatopee ne se contentent pas de revendiquer leur liberté : ils la mettent outrageusement en pratique dans ce spectacle conçu comme une fête, où chacun a apporté ce qu’il voulait. Il y a donc des textes, des silences, des cris d’animaux, des objets dont on se demande bien ce qu’ils font là, et même du thé et de
la menthe pour le thé. Un remue-ménage permanent, dans l’esprit du Diderot que Stan, De Koe et de Maatschappij Discordia ont montré à Garonne voici quelques années – mais encore plus foutraque… Une joyeuse anarchie dans laquelle le public est cordialement invité à se laisser aller, trouver sa propre voie. Et découvrir que sous la foire d’empoigne et l’absurde, Onomatopee est une belle leçon de maîtrise théâtrale, ainsi qu'un précieux moment d'absolu lâcher-prise.
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