Amours tragiques.C’est à l'âge de 49 ans que Jean-Marie Leclair entreprend sa première (et unique) tragédie lyrique intitulée Scylla et Glaucus, créée à l’Académie royale de musique en 1746, et qui connut 17 représentations et un grand succès.Rameau, son aîné de 15 ans, a déjà révolutionné l’opéra français, et sa trace est évidente dans le style de Leclair. Ce dernier trouve cependant sa propre voie : l’écriture globale demeure moins complexe que celle de Rameau, plus directe afin d'atteindre les buts dramatiques qu’il s’est fixés, et la virtuosité de l’orchestre constitue de bout en bout le moteur de l’œuvre.Un trio de solistes mêlant Héros, Amoureuse et Sorcière, dans la plus grande tradition française, lui permet de très beaux numéros d’épanchements sentimentaux, comme d’effroyables scènes de fureur et de terreur, dans lesquelles l’orchestre aux traits musclés joue un rôle majeur.La nymphe Scylla se refusant à Glaucus, celui-ci demande à la magicienne Circé de l’appuyer dans sa conquête amoureuse. Mais la sorcière s’éprend de lui, et va conduire à la perte des amoureux.Chœur et orchestre sont les magnifiques commentateurs de cette tragédie des sentiments mêlée de fantastique. Véritable chef-d’œuvre, Scylla et Glaucus laissa une marque forte dans l’opéra français, mais ne fut redécouvert que dans les années 1980.
0 Commentaire Soyez le premier à réagir