Pour Enzo Roulleau-Bret, la peinture est un sport. Il propose ici une immersion dans la géographie du motocross : ses terrains, ses pilotes, ses ateliers, ses infrastructures et ses usages. Mais cette géographie est aussi celle d'un monde qui s'efface progressivement. Les terrains de motocross disparaissent peu à peu des périphéries des villes moyennes et des sous-préfectures françaises. La pratique devient plus coûteuse, plus réglementée, plus difficile à justifier dans un contexte de préoccupations environnementales croissantes. Les pistes se taisent. La végétation reprend possession des reliefs artificiels.
Enzo Roulleau-Bret ne peint pas seulement le motocross ; il en archive la mémoire. Ses tableaux documentent un univers populaire au moment même où celui-ci commence à basculer dans le souvenir. Comme les peintres de la vie rurale ou ouvrière avant lui, il enregistre les signes d'un monde menacé d'effacement et transforme ses vestiges en images durables.
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