J’ai toujours eu la passion du dessin depuis le jour où, tout petit, j’ai pu tenir une craie d’une main et une ardoise de l’autre, avant qu’elles ne soient remplacées par le papier et le crayon. Crayon noir au début, puis crayons de couleurs qui me mèneront progressivement à cette autre passion : la peinture. Mais je n’ai pas pour autant abandonné le dessin.
Ne serait-ce que pour réaliser mon sujet de prédilection : les portraits et quelques illustrations dans des recueils de poèmes ou de nouvelles.
J’ai d’ailleurs réalisé une galerie de portraits de gitans connus, ou anonymes glanés dans des photos d’archive, qui a fait l’objet d’une exposition itinérante, à la demande de la responsable nationale de l’Association Gitane « Amaro Drom » (Notre Route).
Etant avant tout peintre, le dessin m’accompagne toujours dans mes réalisations, ne serait-ce que pour « croquer » dans la nature, au cours de balades, des sujets inspirants qui seront les supports de tableaux à venir.
Je donne alors sur la toile vierge quelques légers coups de crayon pour situer le sujet principal afin de respecter le cadrage et l’équilibre des formes.
Ce modeste échafaudage disparaîtra ensuite pour ne laisser place qu’à la couleur.
Pour moi, donc, dessin et peinture sont intimement liés.
J.P. Prophète
Mars 2025
Les Arlésiennes en costumes m’intriguent. Nous pouvons admirer leurs diverses toilettes de la plus simple à la plus riche et surtout la manière de les porter. Vivant à Arles depuis cinq années j’ai eu le désir de les dessiner à ma façon avec la linogravure et restituer un air du passé. Bien sûr la couleur qui pour moi est source de vie s’est introduite avec l’aquarelle puis l’huile sur toile d’après quelques clichés pris à leur passage rue du refuge ou en pleine discussion place du Major, rubans au vent, sourires aux lèvres, port altier de reine.
J’ai commencé à dessiner à mon tout jeune âge dans les marges des revues féminines de ma mère. Je me racontais des histoires de jeunes filles pauvres habillées de loques (des sortes de cendrillon) qui devenaient je ne sais plus par quel truchement ou miracle de très jolies jeunes filles habillées de robes dont j’inventais les styles, un mélange de toilettes élisabéthaines et futuristes. Plus tard j’ai écrit et réalisé des fictions où les femmes tiennent un rôle important voire essentiel. C’est en 2011 que j’ai repris le contact avec une autre forme de visuel, le dessin et la peinture. Un lac écossais dans lequel se mirait le ciel m’a fasciné. Comment peindre un ciel changeant sur l’eau calme d’ un lac ? C’est à partir de ce jour que les paysages ont revêtu pour moi le même attrait qu’un corps ou un visage. Tout naturellement j’ai mêlé des corps de femmes à des paysages imaginaires.
Les taureaux sont aussi des figures locales. Je les aperçois en Camargue se détachant si noirs sous un ciel si bleu en été. Je les vois passer de ma fenêtre dans de lourds et hauts camions qui les amènent aux arènes. Je pense alors au taureau valeureux qui va jouer de sa vie et de celle du torero. J’ai eu envie de peindre le taureau valeureux mais aussi son frère le taureau bienheureux mâchant une pâquerette. Chacun son destin.
Pasqui R - Mars 2025
Source : Open Agenda
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