Cave canem - Dimanche en famille
Les chiens et les loups abondent dans la mythologie - la louve de Rome, les chiens qui accompagnent Diane, le chien Cerbère gardien des Enfers, Argos le chien…
Si la traduction littéraire a vocation à faire passer un texte d’un monde à l’autre, la tradition philosophique lui pose deux difficultés particulières.
L’une, évidente, vise à introduire dans une langue des concepts forgés dans une autre : Cicéron passant du grec au latin, Descartes passant du latin au français, se sont heurtés à cette difficulté. Mais il y a parfois plus embarrassant, lorsque la sensibilité éloigne les traducteurs des auteurs au point qu’ils deviennent incapables de restituer, voire de tout simplement reconnaître, leurs émotions.
C’est ce qui s’est passé avec les Lettres à Lucilius de Sénèque : à mesure que ce texte était de plus en plus lu dans les langues européennes, il s'est trouvé orienté vers plus d’abstraction, profondément intellectualisé. Comment expliquer cette déformation ?
Pouvons-nous encore rappeler à nous l'"animus", siège des émotions, "cœur" sensible de cette philosophie ?
Par Maxime Rovère, auteur.
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