32e Université d’automne de la LDH sur le thème "l’Etat de droit contre l’état de guerre"
Face à la multiplication des guerres, à la militarisation du monde, à l’affaiblissement du droit international et du rôle de la diplomatie pour prévenir ou…
Barbara Casciarri, PR en anthropologie, Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis
Objet charnière de nombreux dualismes qui ont nourri le débat en sciences sociales (nature/culture, tradition/modernité, local/global), l’eau suscite à la fois l’enthousiasme et le désarroi du chercheur qui tente d’en saisir la complexité à travers les outils de sa discipline. À la croisée des multiples approches qui traversent les sciences humaines, sociales et naturelles, l’eau nous oblige à dépasser leurs frontières pour embrasser l’interdisciplinarité. Elle nous rappelle aussi, en retour, la valeur de l’enquête ethnographique qualitative, de longue durée et à la micro-échelle. Je propose de retracer les chemins d’un parcours anthropologique m’ayant conduite à étudier les enchevêtrements entre divers groupes du Soudan et du Maroc —pasteurs nomades, paysans oasiens, habitants de quartiers urbains— et les eaux avec lesquelles ils coécrivent leurs micro-histoires socio-naturelles. L’eau s’y révèle miroir de leur altérité, porteuse d’une charge sociale et symbolique que la ‘modernisation’ et la centralisation étatique ont, ailleurs, contribué à invisibiliser. Elle fait en même temps émerger les enjeux d’un « bien commun » qui résiste à sa transformation en marchandise globale.
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