A 11h00
Entrée libre
Christophe Cinq-Fraix, photographe, développe des pratiques transversales qui mobilisent une grande diversité de médiums, allant de l’installation à la sculpture, en passant par la photographie et diverses expérimentations visuelles. Il conçoit notamment des totems et des dispositifs in situ, réemployant des matériaux trouvés sur les plages - branches, filets ou déchets marins. Ces créations, par essence éphémères, intègrent leur propre disparition comme une étape du processus, la photographie venant en assurer la persistance mémorielle.
Par ailleurs, l'artiste explore les jeux de reflets dans l'eau et les scènes du quotidien. Ces séries photographiques interrogent à la fois des dimensions intimes et des enjeux sociétaux, tel l'isolement - particulièrement durant les périodes de confinement -, ou les mutations des modes de vie. À travers cette pluralité de pratique, il cherche à susciter une expérience sensible et poétique du regard.
Son travail questionne notre rapport aux images, aux objets et aux traces que nous produisons dans notre environnement. Attaché aux matériaux ordinaires et aux formes simples, Christophe Cinq-Fraix construit, par assemblage, une esthétique du quotidien : figures hybrides évoquant des monstres primitifs, mobiles animés par le vent ou structures abstraites de grande échelle.
Ses œuvres entretiennent une proximité manifeste avec l'Art brut, le Surréalisme, l'art cinétique ou encore le Land Art. Les totems photographiés évoquent l'univers de Gaston Chaissac, les miroitements renvoient aux Matériologies de Dubuffet, tandis que d'autres expérimentations font échos aux frottages de Max Ernst et aux tableaux rébus de Magritte. Ainsi, la démarche de Christophe Cinq-Fraix ne relève pas d'une approche strictement photographique : il opère en plasticien, intégrant consciemment les héritages formels du XXe siècle, tout en les reconfigurant à l'aune des outils numériques contemporains.
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