Benjamin a grandi dans un village du midi, une terre provençale, latine, violente, truculente. Une terre de corrida. Trivial et sacré s’y mêlent en permanence. Toute sa famille y vit encore, et iels parlent tous·tes avec l’accent du midi. Sauf lui. Il parle pointu.
Pour devenir acteur, il a gommé son accent. Impossible de déceler dans son phrasé la moindre intonation méridionale, le moindre mot hérité du patois roman de ses ancêtres, Benjamin parle désormais un français standard, académique, supposé neutre : la langue du pouvoir, des médias, de la télévision, de la politique. La langue du théâtre.
Parler Pointu raconte l’abandon progressif des parlers régionaux et des accents, et ce que cette perte revêt à la fois d’intime et de politique. Une sorte de conte initiatique en forme d’introspection, une conférence illustrée sur la glottophobie, la violence symbolique, sur l’homogénéisation, la perte d’identité. Sur la langue française, la parole, le jeu d’acteur et le mensonge.
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