A 17h00
8€ tarif plein / 5€ tarif réduit
Présentée pour la première fois en France l’installation Les rêves n’ont pas de titre de Zineb Sedira, conçue à l’origine pour le pavillon français de la 59ème édition de la Biennale de Venise pour laquelle l’artiste à reçu la mention spéciale du jury est adaptée dans le cadre de la Saison Méditerranée pour le Panorama de la Friche la Belle de Mai.
Depuis 25 ans, Zineb Sedira développe une pratique sensible portant sur la migration, l’acte de raconter et les biais inhérents aux récits officiels. Ses films constituent une exploration archivistique approfondie de l’identité et de l’activisme culturel.
Au Panorama, l’installation, adaptée, comprend une salle de cinéma grandeur nature
projetant le film Les rêves n’ont pas de titre explorant l’interaction entre fiction et réalité,
l’artiste assumant à la fois les rôles d’interprète et d’observatrice. À travers un récit
autobiographique, elle relie des moments clés de sa vie à des événements géopolitiques plus larges, au cinéma d’avant-garde et à des expériences diasporiques.
« Un décor cinématographique, une boîte en bois… Une salle de montage, une boite noire…
Au seuil de ces deux espaces, Zineb Sedira vous appelle à prendre place, à prendre corps, à prendre possession des lieux et de l’histoire, avec et au-delà du chemin balisé, au plus près d’une généalogie de films coproduits avec l’Algérie indépendante. Quel rôle jouer ici ? Comment habiter ces lieux dépliés de l’envers du décor, de la fiction et de l’histoire ? Déambuler dans le plateau reconstitué où Orson Welles orchestre son F For Fake [F comme faussaire] est un tremplin vers la puissance des imaginaires émancipés, pour penser à voir autrement.
Monteur·euse, truqueur·euse, narrateur·ice, acteur·ice, scénariste… Prendre place à l’endroit où la magie du cinéma opère permet de faire advenir d’autres histoires intimes et collectives entremêlées. À la lisière de cette salle obscure, la narration et le temps réappropriés deviennent aussi possibles, si l’on accepte de fouler du pied le tapis rouge qui vous invite à prendre place, à prendre voix.
Alors que Charles Wright chante Express Yourself (1970), un incipit prévient : « Ceci est mon histoire de cinéma depuis trois centres d’avant-garde cinématographiques : Italie, France, Algérie, 1960-1970 et au-delà. ». La dimension personnelle, chronologique et artistique est posée dès l’abord, mais aussitôt déjouée par l’irruption d’un message d’alerte prononcé de la bouche d’Orson Welles : « tout film est tricherie, toute histoire (…) est mensongère, mais pas « celle-ci » ».
Histoire ou fiction ? Rêves ou réalité ? La voix de Zineb Sedira nous guide dans son récit personnel et intime, mais elle n’est pas seule dans cette histoire d’une libération de et par l’image. Autour d’elle d’autres spectateur·ices, témoins, acteur·ices font corps, font chœur, pour témoigner, rejouer, déjouer, danser et chanter sur ce que l’Histoire avec une grande hache percute dans l’histoire des individus.
Le film que conserve et diffuse cette boîte noire se situe à l’ancrage de l’indépendance algérienne, là où Zineb Sedira engage, par-delà le quatrième mur, un biopic choral qui rend hommage au cinéma des résistances. Compilation de films choisis, excavation d’archives oubliées ou retrouvées, remakes d’images empruntées et témoins de l’effervescence des luttes se mêlent dans une grande traversée des imaginaires. Ce film, rêve sans titre, est une mise en abyme plurielle où l’écran devient l’espace de jeu dans lequel l’artiste et ses proches arpentent un kaléidoscope de scènes en technicolor, à plusieurs voix et incarnations, ébranlent collectivement des identités assignées.
Les rêves n’ont pas de titre/ الأحلام لا تحمل عناوين forme ainsi un appel joyeux à réengager d’autres utopies, sous la tutelle d’un gai savoir, pour peut-être (re)penser des solidarités transnationales et réenchanter activement les regards au présent. »
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