DON QUICHOTTE
Librement inspiré du roman de Miguel de Cervantes Nouvelle création 2025 pour 18 danseuses et danseurs Dans un futur proche où la technologie règne en maître,…
SYNOPSIS
Dans un Japon d'après-guerre, un adolescent fête ses dix-sept ans dans l'indifférence de sa famille. Il devient une proie idéale pour les militants ultra nationalistes de l'Action Impériale. De ce point nodal de fragilité - entre vertiges de beauté et de néant - une bascule opère alors. Depuis des années, un dialogue se tisse entre Simon Mauclair et l'oeuvre de Kenzaburo Ôé : des questionnements sur la violence du monde, les formes du Mal, le sentiment de perte et la solitude des êtres. Deux oeuvres fondamentales se sont alors imposées : Seventeen, et sa suite maudite Mort d'un jeune militant.Porté sur scène par l'équipe rapprochée de Simon Mauclair, entre littérature, histoire, musique et cinéma, Les signaux faibles racontent le crépuscule d'une société malade qui, en oubliant sa jeunesse, se condamne elle-même au néant.
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L'HISTOIRE
Dans un Japon d’après-guerre, un adolescent grandit dans la solitude et fête ses dix-sept ans dans l'indifférence de sa famille.
Complexé, mal dans sa peau, incompris de ses parents, il en est devenu terriblement frustré. Obnubilé par ses pulsions, replié sur lui-même, il constitue bientôt une proie idéale pour les militants ultra-nationalistes de l’Action Impériale qui recrutent dans les rangs d’une jeunesse en perte de repère.
La rencontre avec ce groupe agit comme un basculement. Pour la première fois, une idéologie lui offre un langage, une structure, une place. Elle promet de transformer sa honte en puissance, son insignifiance en mission. La violence politique devient alors un outil de reconstruction identitaire : l’adolescent cesse d’être un corps fragile et confus pour se penser comme un corps puissant et discipliné.
Le récit se déplace ensuite brutalement.
À l’intériorité du jeune homme succède le regard extérieur porté sur son geste final : un assassinat politique commis au nom de la Nation.
Après sa mort, sa parole disparaît, remplacée par celles des journalistes, des intellectuels et des figures publiques qui tentent de comprendre, d’expliquer ou de classer cet impensé. Le jeune militant devient un objet de discours : monstre pour les uns, martyr pour les autres, symptôme d’une crise historique ou erreur tragique de la société.
Mais aucune interprétation ne parvient à épuiser le sens de son acte. Derrière la figure idéologique, demeure un adolescent abandonné, broyé entre pulsions intimes et récits collectifs, entre désir de reconnaissance et manipulation politique.
La violence qu’il a exercé apparaît moins comme un acte héroïque que comme l’ultime manifestation d’un échec : celui d’une société incapable de reconnaître, d’accompagner et de protéger la fragilité de sa jeunesse.
Enfin, c’est une déclaration d’amour de Kenzaburo Oé à cette jeunesse égarée et vulnérable, et qui exerce profondément notre humanité.
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NOTE D'INTENTION
" Douleur et beauté.
L’oeuvre de Kenzaburo Oé dialogue en moi depuis des années comme un repère sensible, politique, historique et intime.
Un lien intime s’est alors tissé avec l’oeuvre et la vie de l’auteur - un questionnement fraternel sur les impacts intimes de la violence du monde, le sentiment de perte, l'effacement des repères, et la solitude des êtres qui en découle. Une littérature douloureuse, puissante, brassant l’Histoire et l’humanité de façon unique, capable d’enchasser les destins intimes et les époques depuis l’intérieur des êtres.
Comment une enfance brutale, floue ou incomplète entre-t-elle soudainement en résonance avec la violence contemporaine ?
Quelles forces se disputent le cœur d’un jeune être esseulé, en proie au doute, à la peur, à la tristesse ou à l’incompréhension du monde ?
Une oeuvre s’est alors imposée, à la fois fois maudite et fondamentale pour Kenzaburo Oé : SEVENTEEN, et sa suite MORT D’UN JEUNE MILITANT.
Une oeuvre dangereuse, capable de menacer directement la vie de son auteur.
À travers le destin d’un adolescent tourmenté, dans un Japon d’après-guerre traumatisé par la guerre nucléaire et la reddition de l’Empereur - en proie à une résurgence ultra-nationaliste qui plane sur la jeunesse - j’explore cette figure sensible traversée par les mystères du passage à l’âge adulte, au carrefour de son histoire intime et de notre Histoire commune, et des figures contemporaines du Mal qui s’y cachent.
Depuis le cœur d’enfants délaissés, blessés ou en manque d’amour, je raconte parallèlement le crépuscule d’une société malade qui, en oubliant ou en maltraitant ses enfants, se condamne elle-même au néant et à l’oubli.
Un endroit de vulnérabilité et de radicalité, d’où naissent des vertiges de beauté et de néant.
L’histoire d’un auteur façonné par l’Histoire jusqu’aux versants les plus problématiques de son oeuvre, entre fascination pour la violence, désir de sacrifice, nostalgie de la guerre et sentiment apocalyptique.
Avec mon équipe d’interprètes, de créateurs, de musiciens et de vidéastes, je poursuis cette mise en tension scénique, pour déployer ces zones grises, secrètes et indicibles de l’existence.
LES SIGNAUX FAIBLES emmènent plus loin notre exploration scénique de l’intime et de l’Histoire dans une liitérature crépusculaire, à travers les mystères des forces qui relient une jeunesse à la violence - et, dans son élan, aux formes archaîques et contemporaines du Mal.
Une natte enfantine, entrelaçant la douleur et la beauté."
Simon Mauclair
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CONTEXTE HISTORIQUE
Sous le choc d’un attentat politique commis par un jeune adolescent au Japon, Kenzaburo Oé rédige dans les semaines qui suivent deux nouvelles jumelles sur l'affaire, qui paraissent dans la revue BUNGAKUKAÏ.
La première, SEVENTEEN, décrit à la première personne les tourments intimes vécus par un jeune homme timide d'une famille libérale, jusqu'à sa rencontre avec un orateur ultra-nationaliste dont la performance le convainc de se convertir à l’idéologie fasciste.
Cette nouvelle est bien accueillie par la critique, et ne soulève pas de protestations particulières.
Il n'en va pas de même pour la seconde partie : MORT D’UN JEUNE MILITANT.
La suite du parcours du jeune homme ne fait alors plus de doute : le modèle de Ôé est bien le jeune assassin réel.
Les fragilités du personnage et sa vénération de l’Empereur attisent la fureur de l'extrême droite, qui a érigé le jeune tueur en martyr.
Oé subit des menaces de mort, au même titre que l'éditeur de la revue BUNGAKUKAÏ qui a publié le diptyque.
Celle-ci, contre l'avis d'Oé, présente des excuses au groupe politique que l'œuvre a pu offenser, ainsi qu'à la famille de l'assassin.
Cette décision déçoit les progressistes, qui accusent Oé d'avoir plié face aux pressions ultra-nationalistes.
Acculé de tous côtés, Ôé se sent abandonné par le monde politique et littéraire.
La seconde partie du diptyque ne sera ensuite jamais publiée.
« Qu'est-ce qui, d'aujourd'hui, limite notre créativité artistique, et agit dans notre cœur comme une force restrictive ? »
Kenzaburo Ôé
Commentaires
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