Alors que le droit international est appliqué de manière sélective, voire ouvertement ignoré, une nouvelle hiérarchie semble se dessiner, différenciant les victimes et les souverainetés. À chaque conflit ses règles, à chaque situation ses équilibres.
À observer de plus près les violences à l’oeuvre, il apparaît que nous n’assistons pas à une « exception », mais à un basculement vers un monde dans lequel la force tend à primer sur le droit.
Pourtant, le langage juridique persiste : il sert désormais à légitimer des actions illégales ou à disqualifier celles et ceux qui en rappellent les principes fondamentaux, tandis que les instances censées les faire respecter peinent à se faire entendre.
Dans ce contexte, les populations civiles demeurent les premières victimes. L’usage de la force ne constitue plus un outil de négociation, mais une forme de domination visant à anéantir l’altérité.
Face à cette perte de repères, plusieurs questions se posent : reste-t-il encore des règles communes ? Comment retrouver des capacités d’action et de contestation dans un monde où les cadres régulateurs s’effritent ? Comment continuer à se parler lorsque des principes autrefois partagés semblent désormais relatifs aux contextes et aux rapports de force ?
Avec Jérôme Heurtaux, Guillaume Calafat et Dominique Eddé (sous réserve)
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