Les trois temps successifs rendent compte d’expériences plurielles de la jeunesse maghrébine au tournant de la décolonisation, en filant tout au long de la soirée une réflexion sur les manières de recueillir les voix d'acteurs et actrices parfois triplement subalternes - jeunes, femmes et immigrées - et souvent invisibilisées. Comment collecter leurs témoignages des années 1950 à aujourd’hui ? Comment faire entendre ces voix longtemps minorées ?
16h-17h30 - Voix d’enfants et d’adolescents algériens et marocains du bidonville de Nanterre. Retour sur une enquête collective à partir des entretiens de Monique Hervo, Annick Lacroix et Muriel Cohen, avec la participation d’étudiants et étudiantes du master d’histoire de l’université de Nanterre. De janvier à avril 2026, nous avons organisé un atelier sur les archives sonores de Monique Hervo, établie au bidonville de La Folie à Nanterre, conservées aux Archives nationales et à la Contemporaine. Des étudiantes et étudiants du master d'histoire de l’Université Paris Nanterre ont ainsi travaillé sur des entretiens que la militante a réalisés entre 1966 et 1967 avec des habitantes et habitants originaires d’Algérie et du Maroc. Les étudiants et étudiantes ont rédigé les portraits des personnes interrogées et analysé plusieurs thématiques abordées dans les entretiens (conditions de logement, scolarisation des enfants, travail des femmes, etc.). Ces sources exceptionnelles mettent à jour la diversité des trajectoires mais aussi des expériences de la vie en bidonville y compris pour les femmes et les enfants. Cet atelier a constitué une première étape dans la conception de l'exposition qui sera consacrée à Monique Hervo par La Contemporaine à partir de septembre 2029.
Intermède avec la participation de la librairie El Ghorba de Nanterre
18h30-20h - Projection d’un documentaire Aucune rue ne portera ton nom (2024, 30 minutes). Discussion avec la réalisatrice Nadia Salem. Modération : Raphaëlle Branche, Professeure d'histoire contemporaine, Université Paris Nanterre, ISP.
Aucune rue ne portera ton nom est un portrait de la première génération de femmes algériennes arrivées en Lorraine, au milieu des années 1950. Il revient sur le rôle des militantes indépendantistes à Metz, pendant la guerre d’Algérie.
"Comme ma mère, Yamina, Houria, Nouara, Louisa, ont subi la dure loi de l’exil en suivant un mari, un père, mineur ou sidérurgiste. Elles ont participé activement à la guerre de libération nationale algérienne, accueillant réunions clandestines, soutenant les indépendantistes algériens dans leur combat." (Nadia Salem)
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