Les enjeux existentiels d’un fleuve et d’un pays Les ressources en eaux du Tigre sont convoitées et disputées par les pays qui le bordent. Depuis les années 1970, la Turquie et l’Iran en amont construisent des barrages à la pelle, affectant considérablement le débit du fleuve. L’Irak — qui fait partie des 5 pays au monde les plus exposés au dérèglement climatique, d’après l’ONU — est frappé par des vagues de chaleur extrême allant jusqu’à 50 °C, alors que la pluie se fait de plus en plus rare. Ces chocs climatiques ne cessent de s’intensifier et contribuent à l’assèchement du fleuve. L’évaporation du Tigre laisse derrière elle des vaste étendues de terre craquelées et assoiffées qui gardent en mémoire les traces de son passage. Le fleuve souffre également de l’aggravation de la pollution en aval. En Irak, la gestion des déchets toxiques et des eaux usées est peu réglementée. Ces derniers se déversent régulièrement sur les rives et contaminent les eaux du Tigre, causant d’importants désastres environnementaux et sanitaires.
Emily Garthwaite Photojournaliste, la britannique Emily Garthwaite vit en Irak où elle se concentre sur les histoires environnementales et humanitaires. Son travail tisse ainsi des liens entre les thèmes de l’humanité partagée, du déplacement et de la coexistence avec le monde naturel. En 2021, avec une équipe de militants internationaux et irakiens, elle a participé à l’expédition Dijlah, un périple de 1900 kilomètres en bateau. De la source du Tigre à la mer, l’équipage a traversé l’Irak. En 2023, grâce à la dotation du prix photo Terre Solidaire, Emily Garthwaite a pu finaliser ce récit militant qui alerte sur l’état d’un fleuve moribond et sur la mise en danger de ses populations.
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