Au Bihar, les habitants de la rivière Kosi veulent faire entendre leurs voix La rivière Kosi dévale les plus hauts massifs de l’Himalaya à 7.000 mètres d’altitude, pour se déverser dans la grande plaine népalaise et rejoindre le fleuve Gange au Nord de l’Inde, à Bhagalpur. Les populations riveraines honorent leur rivière, source de vie et de fertilité. Mais, elles la redoutent aussi pour ses crues dévastatrices pendant la mousson, à tel point que les anglais à l’époque de la colonisation la surnommèrent : le “Chagrin du Bihar“. Au milieu des années 1950, la rivière fait l’objet d’un vaste plan d’aménagement. Des digues sont construites pour la contenir sur une largeur de 20 kilomètres. Un immense barrage hydroélectrique est également érigé à la frontière avec le Népal. La plupart des digues, terrains surélevés le long de la rivière, ont été construites sous Nehru et ont participé, au fil du temps, à changer le cours de la rivière. À cette époque, la population qui vivait au coeur de l’emplacement délimité par les nouvelles digues reçut la possibilité de s’installer de l’autre côté des digues, mais seulement avec de quoi installer une petite maison,sans la possibilité de cultiver des terres. Les communautés, appartenant aux castes les plus basses comme les Musahars, restèrent-là au coeur des digues, dénuées de tout et livrées à leur sort... les oubliés de la rivière Kosi.
Anush Babajanyan La photographe arménienne Anush Babajanyan concentre son travail sur les récits sociaux et les histoires personnelles dans les régions du Caucase du Sud et d’Asie centrale. Avec la commande d’un reportage du prix photo Terre Solidaire, « les oubliés de la rivière Kosi », c’est un nouveau récit qu’elle débute. Elle témoigne de la situation sociale et environnementale des populations de la rivière Kosi en Inde. Appartenant aux plus basses castes, les communautés vivent là, dénuées de tout et oubliées de tous. Prisonnières des aléas d’une rivière,aujourd’hui, elles veulent faire entendre leurs voix.
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