Professeure de littérature à l’université Stanford, chercheuse associée au Cevipof à Sciences Po et spécialiste de l’analyse du discours politique, Cécile Alduy étudie depuis des années la guerre culturelle menée par les extrêmes droites et la manière dont elle passe par le langage. Après avoir notamment analysé en France les discours de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, elle se retrouve aujourd’hui au cœur même de son sujet, aux États-Unis.
Dans D’abord ils sont venus chercher les mots, elle raconte et décrypte la bascule autoritaire américaine depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. À Stanford comme ailleurs, les conséquences de cette offensive idéologique sont devenues très concrètes : des mots disparaissent des programmes et des administrations, des champs de recherche sont fragilisés, des savoirs deviennent suspects. Ce qui pouvait sembler relever d’une bataille rhétorique prend désormais la forme d’une politique qui vise celles et ceux qui produisent, enseignent et transmettent ces savoirs.
Que raconte cette bataille des mots de l’Amérique de Trump ? Comment une démocratie bascule-t-elle lorsque le pouvoir cherche à contrôler non seulement ce qui peut être dit, mais aussi ce qui peut être pensé, étudié et transmis ? Et que nous apprend cette expérience américaine des transformations politiques qui pourraient, demain, toucher la France ? Le livre de Cécile Alduy est aussi un avertissement : cette guerre culturelle et linguistique ne s’arrête pas aux frontières des États-Unis.
Animée par la journaliste et réalisatrice Paloma Moritz, cette rencontre sera une immersion dans l’Amérique de Trump, au plus près de celles et ceux qui vivent cette transformation politique et intellectuelle, pour comprendre comment une bataille autour des mots peut devenir une bataille autour des libertés.
Une rencontre pour comprendre ce que les mots disent d’un régime politique, et pourquoi leur disparition peut être le premier signe d’une démocratie qui vacille.
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